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Récit d’une marraine |


Petits et grands bonheurs à Ban DekCet été, lorsque je décidais de choisir la Thaïlande comme destination de vacances, je ne savais pas que le voyage ne serait pas là où je l’attendais. Bien sûr il y avait les temples, les tuk-tuk., les marchés… mais le + beau voyage que j’allais faire, celui des émotions, il allait se nicher dans ce tout petit endroit, bien trop petit pour apparaître sur ma carte touristique non, Ban Dek n’était pas sur la carte….et pourtant ! que de bonheurs j’allais y trouver ! Pour arriver là, il m’avait déjà fallu bien des concours de circonstances heureux, comme si, de toute façon, mon histoire avec la Thaïlande passait par Ban Dek. Mon genou malade m’empêchait de faire le trekking prévu par mon groupe au départ de Chiang Raï ; qu’à cela ne tienne, je pouvais peut-être aller à la Mission de NSF, peut-être même y avoir des nouvelles de cette petite fille, Narumon, que j’avais parrainée il y a quelques années, et qui était si assidue dans ses courriers et ses études. Cela faisait si longtemps que j’avais envie de savoir ce qu’elle était devenue ! Christophe Cannaud était justement à la Mission ; merci à lui de m’avoir accueillie si chaleureusement, et d’avoir bien voulu « mener l’enquête pour moi » : Narumon ne serait pas là, mais sa maman serait heureuse de me recevoir. Quelle émotion lorsque cette maman, aussi intimidée que moi, me tendit la photo de Narumon recevant, des mains mêmes de « la fille de la reine », son diplôme universitaire de technologie. Quelle fierté pour elle ! Quel bonheur pour moi ! J’avais été, peut-être ou sûrement, pour quelque chose dans la réussite de Narumon. Elle avait su saisir la perche que NSF lui tendait ; elle avait maintenant un travail dans une entreprise en rapport avec les plantes ( merci Christophe pour la traduction !) Narumon était sortie d’affaire; cela aurait déjà suffi à me combler, à remplir ce voyage, mais Ban Dek me réservait encore bien des émotions ! Le lendemain, fête de la reine et fête des mères: une grande course à pied était organisée pour les écoles du secteur. NSF remettrait des prix. Je décidais d’y aller. Quelle ambiance ! aussitôt arrivée j’étais embarquée sur un vélomoteur pour mieux profiter de la course, on m’offrait de la soupe au riz ( dur dur le matin !) Le sourire des Thaïlandais était bien là, leurs attentions étaient touchantes. J’ étais (déjà ?) intégrée à ce joyeux monde. Mais une marraine le jour de la course, c’est une vraie aubaine pour les organisateurs… j’ allais pouvoir remettre les prix aux enfants parrainés… mais tout ça devant 600 enfants, les profs, les « chefs de village »…c’est un peu beaucoup pour moi… finalement, évidemment, tout se passe bien Mais l’émotion la plus grande, la plus belle histoire, j’allais la rencontrer à l’orphelinat ; elle s’appelle Minta ! Déjà il faut un peu parler de l’orphelinat: une vraie famille: 16 enfants, un « papa » et une « maman » d’orphelinat chaleureux ; des enfants qui jouent, qui lisent, qui pêchent…cela respire une vraie joie de vivre. Et oui, malgré leurs histoires douloureuses, ces enfants paraissent avoir retrouvé le sourire qui, normalement, rime si bien avec l’enfance. Et puis donc il y avait Minta, cette petite fille qui n’avait pas encore de parrainage complet et pour laquelle j’avais dit à Christophe, la veille, mon désir d’aide ; A notre arrivée à l’orphelinat, Minta jouait tranquillement, mais quand Christophe lui expliqua que je proposais d’être sa marraine, elle tourna vers moi ses grands yeux noirs ; son regard, son sourire disaient sa joie ; mais quand elle glissa sa main dans la mienne, tout doucement, il n’y avait plus rien qui pouvait être dit, la gorge était serrée, les larmes tout près…tout était dit. C’était jour de fête des mères et ce jour était le départ d’une belle histoire, celle d’une petite fille qui trouve une marraine, celle d’une marraine qui repart le cœur gonflé d’un nouvel amour. J’étais venue là ; je ne savais pas que je repartirais si comblée : Mon ancienne filleule était maintenant tirée d’affaire ; une nouvelle avait besoin de moi, et j’étais prête à l’accompagner aussi longtemps qu’il faudrait. L’ambition de NSF devenait évidente ; il y avait plein d’espoir pour tous. Lorsque je repartis de la Mission, ce fut au milieu des enfants et de leurs rires, dans ce qu’on appelle ici un « songthaew » ( sorte de camionnette découverte) Ils voulurent être mes premiers professeurs de thaï ; je fus apparemment une mauvaise élève ! Leurs éclats de rire me le disaient clairement
Le retour vers mes compagnons de voyage, quant à lui, me parut bien un peu fade, mais que de bonheurs je venais de trouver à Ban Dek
Pas besoin de point final …….. je reviendrai c’est sûr
Evelyne Chat |